• La vie, l'Amour, la mort

    Notre vie peut être bouleversée maintes fois et dans une infinité de circonstances. La perte d'un être cher est sans doute la pire des circonstances, parce qu'elle nous laisse un lancinant sentiment d'abandon, d'amour perdu, et elle nous renvoie aussi à notre propre fagilité. Nous nous demandons alors à qui ou à quoi s'adresser pour atteindre ces chers disparus que l'on chérit encore. Nous voudrions savoir aussi pourquoi un tel néant nous envahit alors, si brutal, si doulureux et finalement, si injuste! Il n'y a pas pire douleur, je crois, que celle qui nous étreint lorsque nous perdons quelqu'un, parent, enfant, ami, et même "inconnu".

    Cet inconnu qui nous faisait tant rêver et qu'on a l'impression de connaître si intimement. Il nous est si familier que sa perte creuse un grand vide en nous. Vide qu'il faut combler, qu'on essaye de comprendre, qui nous met mal à l'aise parce qu'on le sait déraisonnable. Oui, ce sont ces choses qui parfois nous rattrappent, n'appartiennent à aucune logique mais qu'on sait enracinées profondément dans nos coeurs, et dont la raison nous échappe. Que la Raison ne parvient pas à expliquer.

    Lorsque nos émotions semblent vouloir nous submerger à tel point qu'on lutte contre elles, comme pour garder notre santé mentale intacte, on ne peut s'empêcher de leur chercher une explication rationnelle. Alors, on part en quête de preuves scientifiques, on colle à nos ressentis des préceptes analytiques qu'on va piocher dans des champs d'investigations traitant de l'humain, tels que la Psychologie ou la médecine plus générale. On y apprend comment "faire le deuil" d'un proche ou, au moins, comment gérer au mieux le manque généré par sa disparition. Ce qu'on réalise surtout, c'est qu'il n' y a guère d'autre solution que de s'y résoudre: il n'est plus là, nous si! Et la vie doit se poursuivre quoiqu'il en soit.

    C'est en cherchant une piste vers l'apaisement de mon chagrin que je me suis retrouvée confrontée à ce dont je voulais m'éloigner. Une forme de vie spirituelle. Vouloir tout rationnaliser ne mène pas forcément à un sentiment de sérénité, et ce n'est pas forcément la réponse la plus satisfaisante non plus. Il est important pour moi de garder les pieds sur Terre mais, pour autant, de laisser aussi planer un brin d'esprit dans les nuages! C'est pourquoi je ne rejette pas la part de rêve que peuvent m'apporter la lecture d'un livre fantastique ou la diffusion d'un film sur l'histoire d'elfes et autres personnages de contes (je ne dirai pas "pour enfants", parce qu'ils sont destinés à tous)! Peut-être ces douceurs sont-elles notre échappatoire au réel, peut-être sont-elles, du coup, une soupape de sécurité pour ne pas "craquer", pour supporter la dureté de notre quotidien. Voilà donc les seul "voyages" hors-réel que j'osais me permettre jusqu'à présent: les histoires, la musique.

    Mais peut-être aussi le réel comporte-t-il une part de magie, un versant invisible que l'on soupçonne sans pour autant oser y croire pleinement, de peur de s'investir dans une impasse. De peur d'être déçu et de souffrir, plus encore.

    Pourquoi certaines personnes semblent "habitées" par un esprit disparu et entrent parfois en transe, reproduisant des oeuvres d'un lointain passé? Pourquoi le chien du voisin, réfugié dans sa niche, a-t-il hurlé à la mort lorsque son maître a rendu l'âme? Pourquoi le corps de pieux défunts refuse-t-il de se soumettre aux lois (nos lois) de la biologie la plus élémentaire? Pourquoi a-t-on su intuitivement qu'il ne fallait pas monter dans cet avion qui s'est écrasé en vol?

    Autant de questions, et bien d'autres, se posent ou évitent de se poser, selon notre bon vouloir, selon notre prédisposition à croire... ou pas!

    Après avoir vécu 34 ans (bientot 35!) dans mon corps et ma tête de femme occidentale à la vie passablement ordinaire, il m'est arrivé de me poser ces questions-là et, bien que j'aie tenté vainement de repousser ce qui n'est pas crédible (parce qu'invisible, honnêtement), j'y reviens toujours à un moment ou un autre. J'ai donc décidé, finalement, de "plonger" dedans! Certaines circonstances récentes, bouleversantes (je n'échappe pas à la règle) m'ont amenée, à nouveau, à m'aventurer sur ce terrain sensible qu'est l'Invisible, l'Incompréhensible, fait de hasards curieux, de sensations déroutantes et de messages provenant de ce que nous appelons l'inconscient, bien décidé à nous faire pendre conscience, justement, de ce que nous nous appliquons à enfouir profondément en nous. "Réveille-toi!" a semblé me dire cette chose étrangère et, à la fois, si familière que j'ai eu envie de l'écouter!

    Ca fait un an et demi. Lors de ma vie terrestre (c'est à dire sans rien de spirituel, rien du tout!) j'ai eu à gérer un gros souci d'ordre familial. Je me suis retrouvée confrontée à un chamboulement total de mes habitudes, obligée de bouger, de changer de vie. Un jour ou l'autre nous nous trouvons tous dans cette situation. Pour ma part, ç'a été un tel bouleversement que j'ai eu envie (besoin?) de l'extérioriser, d'une façon ou d'une autre. Le meilleur moyen, souvent, est de partager son expérience, dans le but de s'enrichir de celles des autres. Ca permet aussi un regard objectif, un certain recul qui nous place en tant que spectateur de notre propre vie, et qui autorise l'analyse. Ensuite, si on y "travaille" comme il faut, on peut sublimer nos difficultés, nos peines, tout ce qui nous mine et nous empêche d'avancer, pour en faire une force. Ca, c'est l'étape suprême, la dure métamorphose de la chenille en papillon!

    Seule, je pense que je n'y serais jamais arrivée.

    Mais alors, ai-je trouvé cette force en Dieu? Une secte m'a-t-elle récupérée et fait mine de me soutenir dans cette dure épreuve? Non!

    Aujourd'hui, je n'ai pas encore toutes les réponses, mais le soutien dont j'avais besoin s'est présenté.

    D'un point de vue matériel, j'ai pu compter sur mes proches, qui m'ont hébergée, avec mon fils (de 3 ans à l'époque) jusqu'à ce que je retrouve travail et logement, les deux mamelles d'une vie ordinaire (le minimum requis!). D'un point de vue spirituel (chose qui me faisait affreusement défaut jusqu'alors), j'ai également été gâtée! Heureusement.Au-delà du réconfort que peuvent apporter des parents ou des amis, on cherche toujours quelque chose à quoi s'accrocher. quelque chose de plus fort, qui supporterait notre chagrin et saurait calmer notre détresse. Comme une âme-soeur. Celle dont on rêve depuis qu'on est enfant, et qui peut prendre la forme, dans nos fantasmes, d'un ami imaginaire ou d'un frère protecteur. Cette personne nous aimerait de façon inconditionnelle et nous guiderait dans les méandres de nos vies compliquées. Elle trouverait toujours la manière de nous apaiser, de nous rassurer. Mieux qu'une mère, une Mère ou, du moins, son symbole (ceux qui pensent à la Marraine-bonne-fée de Cendrillon lèvent la main...!).

    Bien que ce soit la plus belle partie de l'histoire, par sa magie et par la charge émotionnelle qu'elle implique, c'est malheureusement, aussi, le chapitre le plus difficile à exposer. Le plus difficile parce qu'il en révèle trop sur mon "moi profond", et que, comme si on se mettait à nu dans ces cas-là, une certaine pudeur nous retient. Parler de partage, de solidarité inter-humains ou d'amour universel, ça n'a jamais été mon truc. Encore moins de religion et de spiritualité en général! Parce que, me semble-t-il, c'est trop flou, non-palpable, brumeux et donc évanescent. On arrive, déjà non sans mal, à raconter nos peines et à parler de ce qui nous touche, mais il est terriblement compliqué de soumettre aux regards extérieurs notre intimité spirituelle. Plus on se veut "terre à terre", plus l'épreuve s'avère insurmontable!

    Elle l'est d'autant plus que les mots manquent pour décrire cet Impalpable, qui ne réside, essentiellement, que dans des sensations, des émotions. Pourtant, il faut bien reconnaitre, du moins je dois reconnaitre aujourd'hui, que l'on peut être ébranlé par nos émotions. Ebranlé au point de changer, et de sentir ce changement au plus profond de nous, comme si l'on abritait, tout à coup, au coeur de notre être, une sphère dense irradiant de la chaleur et du réconfort. Elle s'installe un beau jour, et l'on se demande comment et pourquoi. Comment est-elle arrivée là et pourquoi maintenant?

    Ce que je raconterai, à partir de maintenant et ici, a lieu depuis un an et demi. Je parlerai, peut-être maladroitement mais sincèrement, de cette spiritualité nouvelle qui m'a investie. Je citerai une personne, bien vivante, dont le récit, commercialisé, fait écho à ce que j'ai ressenti alors, et que je ressens encore aujourd'hui.

    Au fur et à mesure que je décris ce qui a changé en moi, je découvre d'autres témoignages identiques et je devine qu'ils seront encore nombreux à l'avenir, ce qui me réconforte, et me conforte dans la voie que j'emprunte à présent.

    .../...

    Blog de Léa: Magicmichael's blog


  • Commentaires

    1
    l
    Lundi 3 Janvier 2011 à 13:53
    Je sens cette envie que tu as de te mettre à nu; la vie nous oblige , si on ne prend pas garde, à nous revêtir de choses "passe partout" mais on disparait vite , on étouffe, dessous tout cela ! j'admire Michaêl pour cela, car il a osé à la face du monde être lui-même Il a payé cher cela, mais est perti en paix ! Tu dis la vie, l'amour, la mort moi, je dis: la naissance, l'existence , le départ vers une autre naissance !
    j'aurai aimé avoir une vie spirituelle éveillée dès l'enfance ! Comme toi, il m'a fallu tourner en rond pour enfin "tomber dessus" ! Je pense que cette dimension rode autour de chaque être ...attend son heure ! Que l'on soit ouvert à l'Amour ! C'est souvent les difficultés, la perte d'un être cher, qui nous permet d'ouvrir notre coeur ! Nous sommes alors à "pouvoir accueillir !" J'ai eu la chance merveilleuse d'être connectée avant le départ de mon fils ....mais j'étais avant cela dans d'autres souffrances !
    Alors , Michaël a eu "ce don de Dieu" depuis l'enfance ...j'aurai aimé cela ...toi aussi j'imagine ! A bientôt !
    2
    Nidith
    Mardi 4 Janvier 2011 à 10:28
    Bienvenue, Léa!
    Je suis si contente de t'accueillir ici! Bien sûr que j'aurais aimé être plus tôt "touchée" comme maintenant... c'est comme lorsqu'on tarde à faire quelque chose qu'on brûle d'envie de faire: le jour où on se décide, on se dit "mais bon sang, pourquoi avoir perdu autant de temps?!" Comme tu le dis, Léa, la mort est une renaissance, mais le savoir ne nous suffit pas, car nous sommes curieux, et surtout lorsqu'on aime, on veut tout savoir! Je posterai la suite la semaine prochaine, en espérant voir arriver du monde pour partager cette belle aventure! A bientôt, Léa!
    3
    Mardi 7 Février 2012 à 23:25
    C'est Noël. L'occasion pour tous de dire, de montrer combien d'autres comptent
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